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Lya

Nombre de messages: 32 Date d'inscription: 14/01/2009
 | Sujet: Lya [ Biographie, RP's ] Mer 4 Fév - 22:39 | |
| [i]Le bureau de bois sombre est illuminé par la seule lueur d'une chandelle, et un livre de cuir sombre était ouvert, les feuilles jaunies, certaines légèrement déchirées, d'autres salies, tachées d'encre. La jeune femme déposa soigneusement une nouvelle feuille, humide, couverte de givre, sur le livre. L'encre était sèche, mais les actes récents… La plume grattait un autre parchemin parfait, sans défauts. La plume était longue, mouchetée de rouge et d'argent, et l'encre était d'un rouge si sombre qu'il semblait noir. La silhouette ponctua son texte d'une esquisse rapide de rose, laissant apparaître les premières lignes d'un texte de vie. Chapitre Premier "Mauvais Rêve" Village de Sereën ; domaine de kyria Lya naît il y a de nombreuses années de cela, alors que la guerre n'est pas encore soupçonnée, alors que le monde vit dans une haine contenue. Sa famille est installée au village de Sereën, peu éloigné de Vélina, et il y règne une mentalité proche de la perfection. Esmée, sa mère, est d'une douceur incomparable, se dévouant entièrement à ses enfants, s'absentant de temps à autres pour chasser, Nryl, époux d'Esmée, instruit ses enfants aux principes du respect, au service de Kyria. Siassan était la sœur aînée, douée d'étranges pouvoirs glacials, et était âgée de quatre ans de plus que Lya, et Jëllya était la cadette, de deux ans plus jeune que notre héroïne. Ces quelques années, Lya fut formée aux arts principaux, tels la poésie, le chant, le dessin, l'écriture, l'Histoire, et sa vie fut rythmée par les neiges de l'Hiver Eternel, les passages de la lune dans les cieux, et la découverte des pouvoirs de Sia. C'est une période alors heureuse, où les fêtes sont nombreuses, où la jeune fille apprend la vie qui est due à toute jeune Emerielle. C'est lors de ses 4 ans Emeriels qu'Esmée accouche d'un jeune garçon, Gæl. Or, ce dernier naît avec les yeux fauves, tandis que la mère souffrante meurt sur le lit aux draps ensanglantés. Ce départ prématuré plonge la famille dans une longue période de Deuil, Nryl se vouant alors essentiellement à la chasse, laissant à Siassan la garde de Gæl, et c'est sous l'aile d'une fillette de huit ans que le jeune garçon verra le monde. Lya s'amusa à aider Sia dans ses taches de jeune mère, plus plongée dans l'idée d'un jeu qu'une réelle responsabilité. Mais les années passèrent, longues, au point que ces années semblaient éternelles, et Gæl grandit. Il était si évident qu'il était différent, cela sautait aux yeux, une chevelure brune en bataille, veinée de mèches rousses, un teint moins pâle que celui des autres, et des iris d'un jaune sauvage évoquant les sables de l'Ouest. Ce fut Jëllya qui, la première, comprit. Gæl avait des racines Occidentales, ce qui mettait en péril la famille. Seul Nryl comprit réellement ce que cela insinuait, Esmée avait eu une relation avec un de ces chiens des sables, et ses absences se répétèrent. Siassan sembla changer aussi, mûrissant de jours en jours. Et le temps continua à passer. C'était une fatalité, le rêve s'estompait… Tournerait-il au cauchemar ? Un soir, Nryl rentra, furibond, Lya, alors âgée de 8 ans ( ou 32 ans pour l'Homme ) s'en souvient, très bien même. C'était un soir orageux, la neige était complètement gelée, le gibier s'éloignait, Gæl devenait de plus en plus brun, de peau, de chevelure, ses yeux devenant plus fauves à vue d'œil, Jëllya s'enfermait dans un monde de jeune fille obéissante, se pliant aux moindres désirs de son père, Siassan se souciant du sort du jeune frère, et Lya silencieuse, comme toujours. La glace était dure comme jamais, et le blizzard ponctuait chaque seconde de martèlements à la fenêtre. Puis la porte s'ouvrit avec fracas, le froid s'engouffrant avec violence dans l'habitation. Cette nuit là, le sang de quatre enfant coula sous les coups, et un père perdit son âme Emerielle. Le voisinage traita cet homme dévasté de créature perfide de l'Ouest, et il leur criait que le bâtard qu'il était forcé d'abriter de valait pas mieux. Oui, la vérité s'était imposée, fatalement. Gæl n'était pour son père rien d'autre qu'un… bâtard. Et ce fut ainsi chaque fois que Nryl rentrait, il ne cherchait même plus de prétexte pour battre ses enfants, et ses yeux ne témoignaient plus de compassion ou autre sentiment amical, n'affichant qu'animosité et rage. Les années passaient… Encore et encore. Ce fut quand Lya atteint les 40 ans ( ou 10 ans humains ), qu'un silence quasi total s'installa dans la maison. Jëllya, passé le traumatisme des changements de son père, semblait être devenue muette. Alors que Lya et Sia ne cessaient de parler, et que Gæl ne parlait qu'en chuchotements, plusieurs personnes crurent qu'ils étaient partis. Mais la jeune famille restait, malgré ce père qui hurlait à présent par les pensées. Cette période fut comme la précédente, longue et douloureuse. Puis un jour, Siassan prit une décision, qu'elle communiqua immédiatement à Lya. Ce n'était pas une idée, mais une certitude, un besoin. Le changement se fit en une journée, et lorsque la lune pourfendit les nuages sombres de l'Est, Siassan était partie, emportant avec elle le jeune bâtard. Dans la même année Emerielle, un étrange groupe arriva en ville. Une dizaine d'humains, dont un élémentaliste des glaces qui veillaient à faire ignorer la température au groupe. Les humains s'installèrent à l'auberge la plus proche et firent connaissance avec Nryl. Le père détruit ne put s'empêcher de sympathiser avec la race du centre, les responsabilités retombèrent alors brusquement sur les épaules de Lya. Jëllya était alors devenue complètement muette. Lya laissa les mois passer, longs et douloureux, marquant chaque jour d'un chant lugubre et d'une prière à Kyria. Mais rien n'y fit, et un jour de sa quarante-quatrième année, Nryl la fit quérir. Elle devait apporter une petite somme à son père, à la taverne. Mais il l'attendait sur la route, lui et ses amis humains. Et ces derniers furent subjugués par la beauté de la jeune Emerielle. Ce fut une longue et douloureuse nuit, ou les hommes abusèrent du corps encore trop jeune de la gamine, et la laissèrent pour morte dans la neige froide. La vie perdit alors beaucoup de son sens. Ainsi commença le néant. Le début de rien, l'abandon,la destruction. Les traits de la parfaite petite étaient déformés par les blessures, ses yeux pourpres semblaient obscurcis, sa chair blafarde se teintait d'une lueur malsaine. Sa chevelure ne semblait plus la traînée lisse qui avait accompagné son dos, changée en une cascade de paille. Elle passa ensuite plusieurs mois ( ou années, selon le point de vue racial ) à errer sans but, tantôt disparaissant dans les bois, tantôt volant de quoi se nourrir. Ce fut la dévastation, plus de pensées. Puis elle prit une décision, ou du moins son corps le décida. Elle devait partir, loin, se fondre dans la masse. Et le seul endroit possible était… Athalla. Chapitre Second "De la folie à l'espoir… Et de l'espoir à la folie." La Route d'Athalla Je ne me souviens que très peu de cette étape, le départ ne fut pas prévu, pas organisé. Je n'avais rien, pas même des vêtements dignes de ce nom, pas de vie, pas de but, juste les ruines de mon existence. C'est peut-être ce pourquoi je partis. Je n'avais rien. Ce n'était pas désagréable, au fond… Enfin, c'est ce que beaucoup diraient. Pas de responsabilités, pas d'obligations, pas d'attache, juste la liberté… Une liberté qui implique de ne pas avoir de vêtement à soi, pas d'argent, pas de nourriture, pas de boissons. Rien. Je me souviens de la forêt, grande, s'étendant sur des kilomètres. Les bêtes qui la peuplaient se méfiaient de moi, et en même temps… Je n'avais pas l'odeur de la civilisation, pas les airs d'une prédatrice. J'étais aussi sauvage qu'eux, enfin… Je pense qu'à ce moment là il ne me restait que la parole comme sens humain. Et encore. Ainsi donc, les créatures se méfiaient, mais ne me fuyaient pas. Les plus audacieuses n'hésitaient pas à me considérer comme inférieure, ne me respectant même pas comme l'une des leur. En même temps, je n'étais qu'une épave, j'appartenais au passé… Et je ne parvenais à m'accorder la Paix éternelle, aux côtés de Kyria. Les arbres défilaient, c'est le souvenir le plus net. Partant des conifères couverts de givre, allant jusqu'aux beaux érables et cerisiers dotés de feuilles… Et puis la lumière. Je n'avais pas fait attention à cela, à la lumière. Je ne sais pas vraiment comment je résistai, mais je ne regardais pas le soleil. J'avais lu, petite, que la seule vision de la sphère de feu pouvait brûler les yeux de n'importe quel être du froid. De toute façon, j'étais ravagée, fixant le sol… Du moins je pense, je me souviens des traces des roues, des empreintes de sabots, et des traces de pas. Je me souviens encore des grandes portes de la cité, du regard inquisiteur des gardes, de ma crainte devant le nombre incalculable de rues, de maisons… C'était si… Différent. Athalla Je mis un moment à m'habituer aux odeurs, aux bruits, aux sensations étranges d'un sol terreux et parfois pavé, à la hauteur vertigineuse des bâtiments… Tout cela était si nouveau. Je m'étais établie chez une aubergiste fort attentionnée, qui avait pris pitié de moi, alors que je me tapissai dans une ruelle sombre, fuyant la lumière vive qui inondait la ville. Je m'habituais vite à la notion de temps chez les humains, leurs actes précipités, mon âge aussi. Ainsi, je venais d'avoir treize ans, ce qui équivalait à mes cinquante deux ans… Selon Erina, l'aubergiste, je devrais déjà être vieille. Je me rappelle bien d'Erina, elle était grande, et semblait presque squelettique, ses longs cheveux cuivrés tombant en boucles soyeuses sur sa poitrine. Elle était ridée, et à peine plus âgée que moi. Enfin… D'après elle. Elle était très gentille, affective, s'attachant à chaque broutille adorable qui puisse attirer son regard, maniaque aussi. Mais je ne pouvais me résoudre à vivre sous son toit jour et nuit… Et Erina ne cessait de féliciter mon sang-froid, ma dextérité, mon agilité. Il fallait bien que j'en fasse quelque chose… Et puis il y avait la haine. Longtemps retenue, trop lourde à présent… Une seule voie semblait abordable, celle du meurtre. C'est ainsi que je me dirigeai vers la Guilde des Assassins. Ils ne furent pas étonnés de voir une gamine demander l'intégration, cela courait les rues, à Athalla. Et beaucoup de cas étaient refusés. Mais j'étais Emerielle. Cela les intéressa immédiatement. Ma dextérité, mes réflexes, mon agilité, au détriment de ma vision bien sur… Et ils m'acceptèrent sans discuter. Je passais quatre de leurs années à apprendre les sons, et tout ce qui pourrait me servir dès que mes yeux se fermeraient. J'étais sûrement leur plus talentueuse apprentie, usant d'armes de distance telles les shurikens pour pratiquer l'assassinat. Il me fallut bien quatre années pour ne plus faire la différence entre ce que je voyais et ce que je sentais. Et je commençais aussitôt. Contrairement à ce que beaucoup croyaient, je me focalisais sur les criminels. Les meurtres s'enchaînèrent. Je ne détaillerai pas cette partie, car ce n'est que le fruit d'une colère douloureuse. Un jour, l'un de mes contrats me mena à m'aventurer dans le quartier le plus riche d'Athalla, chez la duchesse de Sandrée, un état non loin de la mer. J'avais prévu chaque détail, entrer par la fenêtre du second étage, dans son cabinet. Ce que je fis. Ensuite, m'infiltrer discrètement par la porte dérobée du fond de la pièce jusque dans sa chambre. Et puis là, puisque j'arriverai derrière le lit où elle serait allongée, je sectionnerait sa trachée, d'un mouvement sous sa mâchoire. J'entrais dans la chambre… Les meubles étaient fabriqués dans un ébène noir revêtu de satin blanc. Le froid ambiant était impressionnant, quoique je ne m'en rendis pas vraiment compte, les rideaux étaient tirés… Une silhouette se tenait face à l'une des fenêtres closes, chevelure noire, robe noire, teint blanc. Je fus prise au dépourvu, très peu enthousiaste à l'idée de devoir affronter une victime de face. Puis elle se retourna. Pourtant, je n'avais fait aucun bruit, pas un souffle, rien… - La mort vient d'elle-même à moi, sous une forme de choix, qui plus est. Je ne me souviens pas avoir répondu, puis tout s'enchaîna très vite. Elle se retourna, et je pus discerner ses traits étrangement pâles. Si elle n'avait pas été comtesse d'un état des terres centrales, aussi détruit ou dissous qu'il fut, je l'aurais crue Emerielle… Et pourtant, ses oreilles étaient rondes, ses yeux châtains, ses traits bien trop… neutres. Elle n'était pas l'une des nombreuses filles de l'Orient. C'était une nécromancienne, à ce qu'elle disait. Pas l'une des furies passionnées de cadavre qui couraient les rues, c'était une voyante. Elle se fiait aux morts, aux esprits, aux dieux parfois, aux lignes que le destin traçaient, qui filaient droit vers une mort inévitable. Et elle avait vu, sur ma ligne qui se brisait en plusieurs endroits, prêtresse de Kyria. Elle m'avait "vue" suivre cette voie. Ainsi, je passais une partie de mon temps avec Jamden, qui m'enseignait la voie des morts, qui selon elle m'aiderait sur les pas de la Déesse de Minuit. C'était une femme pleine de compassion, fascinée par mon cas plus que dégoûtée par ses préjugés. "Ma sœur s'est éprise d'un Emeriel, je n'ai aucune raison de te craindre. Toi au d'autres de ta race"… Mais la soif la vengeance subsistait, et un jour elle prit sur moi. Je venais de recevoir une missive d'un des clients les plus fidèle d'Erina… Cette dernière était morte de vieillesse, les huit dernières années l'avaient conduis sur ses soixante ans humains, et la faible Erina était morte de cela. Trop faible pour un monde de force, sûrement… Je voulais partir, retourner me venger de mon père. Jamden ne m'empêcha pas de faire cela. Route d'Athalla Mes souvenirs sont plus nets, car Jamden m'avait protégée. Elle savait ma préférence pour la marche, et elle nous protégea par un halo d'ombre que ses pouvoirs lui permettaient d'utiliser. Ainsi, les ombres de la nuit nous enveloppa durant toute la route. J'étais en deuil, et je me tus toute la route. Du moins du côté humain… Lorsque les premières neiges nous apparurent, je recommençai à parler. Nous fîmes de longues haltes, et Jamden m'enseigna les principales bases de la chasse, afin que je puisse survivre… Car Jamden partit. C'était ma Vendetta, pas la sienne. Je me préparais, me reprenais le cours du temps Emeriel. Ma chair était déjà souillée de sang humain, je ne savais pas que je pouvais la salir plus… _________________  |
|  | | Lya

Nombre de messages: 32 Date d'inscription: 14/01/2009
 | Sujet: Re: Lya [ Biographie, RP's ] Mer 4 Fév - 22:39 | |
| Chapitre Troisième "Chute libre" Est des Terres Je ne suis pas fière de mes actes, et je n'ai pas écrit mes actes à cette époque, alors je ne puis vous expliquer mes faits. Pourtant je les ai accomplis, et je me vois obligée de vous transmettre ces actes. J'arrivai à Serëen, pour découvrir une famille changée. J'entendais leurs rires, leur démarche décadente, celle inquisitrice de mon père… Les humains étaient restés. Je me souviens d'une étrange fureur. Je me rapprochais, entrais dans la maison, MA chambre. Je me dirigeai vers la pièce à vivre, rien ne pouvant plus m'arrêter… J'entends encore les gémissements de Jëllya, devenue la courtisane locale, me priant de l'épargner. Elle avait murmuré quelque mots à propos du bâtard. Gæl. Cette sensation, je m'en souviens… De la douleur. Mes souvenirs se perdent quelque peu… J'avais tué ma propre famille. Je ne me contrôlais plus, à présent. Mon frère… Non, le bâtard de ma mère, allait payer. C'était sa faute, il avait tué maman, il avait fait tomber Nryl dans le désespoir, tout était de sa faute. Il mourrait aussi. Je me souviens de ce vide en moi, un besoin de meurtre. Je courait à travers les bois, la neige, ne m'arrêtais que rarement, pour chasser ou pour me reposer. De longs repos, pour pouvoir à nouveau courir. Mes jambes raidies par l'émotion avaient besoin de sensations plus… extrêmes. La course me libéra, je me souviens juste des images défilantes, des bêtes apeurées, cette fois. J'ai traqué. C'est une pratique rare, mais que l'on apprend à la Guilde. La traque. Mettre la main sur l'odeur de la proie, puis chercher. Beaucoup de grands assassins avaient acquis la capacité de voir leur proie, ou de la situer, la poursuivre… Laisser ses sens prendre le dessus, contre toute nature humaine. Je ne fis que poursuivre la trace la plus évidente, Siassan se serait réfugiée vers la forêt. N'importe qui aurait remarqué le semi humain. Je parvenais bien vite à Blanche-Nuit. Oui, le protégé de ma sœur était resté longtemps au village sur ordre de Siassan, et était récemment partis - J'avais réussi à obtenir ces informations malgré les Emeriels qui m'évitaient. Vers le nord. Je ne réfléchis pas, ne m'attardait pas. Mon rythme de traque repris, je fis abstraction de tout. Seul le demi humain comptait à mes yeux. Il ne fut pas dur de les trouver, cela faisait un an humain qu'ils étaient passés. Les petites bourgades fûrens qui parsemaient la route possédaient certains habitants à bonne mémoire, où encore la trace fraîche du passage du petit groupe. Les informations se répétaient, le Nord… Le Nord… Une caverne, dans les dernières montagnes du Domaine de Kyria. Un groupe de Fûrens l'y avait escortés. Je n'eus pas de mal à gagner les montagnes. Le gibier était toujours aussi abondant dans les forêts de la lisière, et les quelques bêtes qui préféraient les roches étaient plus coriaces, mais j'en venais à bout. La chasse continuait, la traque aussi. La caverne était enfoncée dans les roches, évitée par les bêtes. Une délicate odeur de plantes s'en échappait, et je décelais la présence d'un être vivant dans les environs. Ses pas lents, un fredonnement. Je cru déceler un ton masculin dans le sifflotement. *" Gæl ? "* Il y eut comme un froissement, mais pas de réponse immédiate. Depuis longtemps je m'étais gardée d'utiliser le don de la déesse, inutile à Athalla. Je me souviens d'une soif de sang étrange, comme si je n'étais plus Emerielle, comme si je devenais peu à peu un monstre. En fait, j'en étais déjà un. Gæl se montra alors, ses traits simples, pâlis par sa vie en terre glacée, mais qui gardaient le côté mat des humains, sa crinière brune en bataille, ses grands yeux bruns clairs, semblant fauves, un large pantalon blanc couvrant ses jambes, son torse musclé à l'air. Il semblait âgé d'une trentaine d'années, alors qu'en temps Emeriel il n'avait qu'onze ans, et qu'en années humaines il en avait une quarantaine. Etrange. Tout dans mon jeune frère était étrange… Surtout ses visions, lorsqu'on était à la maison. Tous. Réunis. Mais elle ne sentait pas Siassan… - Lya ? Je t'ai vue venir. - Et qu'as-tu vu ? Il prit une profonde inspiration, et alla s'asseoir sur un rocher. - Je dois te raconter toute l'histoire, de ma nature à la tienne, et le destin de Sia… Et puis, ma mort. Il parlait avec légèreté, comme si son assassinat n'était à ses yeux guère plus qu'une étape à franchir. Il ne craignait pas. Maudites visions. - Raconte. - Pour moi, ça s'est passé à Athalla… C'est assez banal, maman a eu un coup de foudre, on va dire une histoire parfaite. Un humain s'est épris d'elle, elle l'aimait, mais maman était mariée. L'histoire s'arrête aussi nette, mais j'étais déjà engendré. C'est… Simple. J'ai vu ça il y a quelques années… Et aussi papa, il… - Excuse-moi… - Quoi ? - Tu as quel âge ? Il sourit. Je me souviens que cette discussion avait pris une certaine décontraction. L'idée de mort ne semblant plus nous hanter. Il avait vu que je le tuerai, et semblait prendre cela avec légèreté, alors je me joignais à sa bonne humeur. - 32 ans, j'ai la moitié de mon âge Emeriel. Bref, papa est un descendant des Em'Alrech… Rien de bien mal, il n'est qu'un cousin. Vous avez toutes hérité de leurs yeux. - Ah… - C'est tout ce que ça te fait ? - Je me lamenterai après. Tu as mentionné le destin de Sia. Je m'étonnais moi même. Cette légèreté n'était pas vraiment moi, et pourtant il m'était impossible d'éprouver de la colère. Je devais savoir ce qui était arrivé à Siassan. - Quand nous sommes partis, des soldats nous ont arrêté, humains. Ils ont pris Sia, je ne sais pas pourquoi. Ils l'ont emmenée à Athalla, et sa nouvelle "famille" lui a projeté un sort d'oubli. C'était sa "mère" qui était sorcière. Elle est venue une fois me voir, mais les soldats sont revenus. Dame Aranis Melta de Melbarass, car tel était son nom complet, l'a ôté de son âme, ça aussi. Je n'ai donc jamais existé, pour elle. Elle a souffert là-bas, et a appris le combat. Quand elle reviendra… Les yeux de Gæl s'étaient voilés, il voyait. Sa voix était rauque, bien plus grave que son ténor agréable. C'est alors que le destin dut la mener à l'Ouest, mais que la chance l'eut emporté. Elle rencontra deux femmes, des jumelles Emerielles, Naémia et Nienna. Et une démone de Kyria… Une Morokaï. Cette Morokaï se nomma Miltonia. La créature dut tuer Steben… C'est pour la Grande Déesse, elle eu une mission. Siassan l'accompagna… Elles partirent, arrivèrent à Athalla. La prison… Jamiro… Le fleuve… L'Ouest. Siassan fut magicienne, elle se métamorphosa en Equis. Le temple… La statue… Les représentants de Steben ! La bataille fut inévitable, Miltonia plongea la lance. Une fois, deux fois, trois fois peut-être… Siassan sauva Miltonia, les flammes de l'enfer jaillissent du cœur de Steben, la chair se détache, noircit… Gæl poussa un hurlement, comme si c'était lui qui brûlait, puis tomba à genoux. Il avait retrouvé son regard pétillant, et sa voix était remontée d'un ton. J'étais sous le choc de la vision, trop préoccupée pour m'occuper de mon frère. Cet emploi du passé était déroutant, mais Siassan était… morte. Le présent me rattrapa brutalement, je tentais de relever mon frère, le secouant. Il était livide. - Gæl ! Que lui est-il arrivé ? Est-elle morte ? Où puis-je trouver cette Miltonia ? Et elle, vit-elle encore ? Gæl ! Il ne répondit pas, cherchant de l'air. Il porta une main tremblant à son ventre, entre deux tremblements violents. Je le posai à terre, ouvrant sa chemise sur son torse devenu aussi pâle que ma peau. Ses yeux fauves cherchant frénétiquement du soutien, de l'aide. Je devais avoir des réponses… Je ne me comprenais pas, il semblait mourant, c'était ce que je voulais… Pourquoi tentais-je de l'aider ? Et puis lorsque son torse se souleva, en quête d'air, je vis la marque qui lui enserrait la poitrine. C'était une vaste tache noire entourée par de la chair violacée. Poison. Et je connaissais ce poison. Jëllya l'avait créé en jouant avec les produits d'alchimie d'Esmée. Un cerf en était mort. Jëllya… - Elle est venue avant toi. Il se tordit une nouvelle fois de douleur, je fis glisser un shuriken. Non, je ne souhaitais plus le tuer, cette fois je désirais plus que tout le libérer de sa douleur, le sauver… Mon coup fut bref, je plantais dans la zone déjà anesthésiée du cœur. La lame entama la chair, la déchirant au même instant comme du papier, crevant le poumon et le cœur d'une même frappe unie… Gæl chercha une dernière bouffée d'air, son torse se soulevant avec force, ses yeux écarquillés, ses membres tendus, puis son corps retomba mollement. Son torse provoqua un bruit sourd en touchant le sol, ses membres se relâchèrent, ses paupières tombant sur ses yeux, ses lèvres se fermant doucement… Il gisait là, étendu de tout son long devant une la grotte. Les bêtes avaient fuis devant le cri du demi humain… Je ne pouvais plus penser… Mes réflexes me devancèrent. Je pris le corps, et marchais sans conviction vers l'ultime Nord. Il y avait un lac, à quelques lieues des montagnes. Le voyage ne fut pas long, je tuais si une créature était trop proche, me nourrissait rapidement, reprenait le cadavre et courait. Le lac se profilait à l'horizon, semblant mer intérieure… Mais ce n'était pas assez vaste, et je filais vers les derniers kilomètres qui me séparaient de la mer. Je courais, toujours… La fatigue se faisait sentir dans chacun de mes membres, et lorsque je parvenais enfin, après une semaine de course acharnée, mes muscles épuisés, je découvris avec joie quelques arbres. Une nuit, je dormis, le jour suivant je m'acharnais à la construction d'une barque. Ce ne dura que trois jours, mais le cadavre n'attendrait pas la décomposition sagement. Lorsque la barque fut prête, je posais le corps. Le sel me grimpait aux narines, l'eau s'échouait avec violence sur le sable. La barque prit la mer, le corps dedans… Et partait vers l'horizon. Je m'affalai sur le sable froid, prête à prendre tout le repos qui m'était nécessaire… Je pouvais me laisser aller, mon frère partait à présent vers le Pays de Kyria, rejoignait ses bras d'améthyste au-delà des vagues de la mer… Je ne l'avais jamais vue auparavant. Grande étendue bleue… Et je pleurai. Jusqu'à ce que mes larmes creusent des sillons dans le sable pour rejoindre la mer, jusqu'à ce que j'aie soif, jusqu'à ce que j'atteigne le fond de ma gourde, jusqu'à ce que je comprenne que les bêtes étaient rares ici, même les poissons fuyant les rives glaciales… Jusqu'à ce que je comprenne que j'étais seule. Chapitre Quatrième "Rédemption" Temple de Kyria Chaque être a un jour besoin de se confesser, de trouver à nouveau un équilibre personnel, de voir ses pêcher, ses craintes, ses cauchemars, s'envoler sans demander leur reste. C'est une petite mort, une mort douce, être libérée de toute peine, rien qu'un instant, ne plus sentir de poids, de douleur… C'est en cet instant que l'âme est pure, belle, comme la neige. Que ce soit dans un palais céleste ou dans les ruines lugubre d'un temple dévasté, la paix s'empare de l'être lorsque ce dernier s'est lavé de tout tort. Ainsi, j'avais traversé une grande partie de l'Est, partant de la mer et son ciel orageux à celui dégagé et constellé d'étoiles qui domptait les montagnes de l'Extrême Est. La solitude est aussi un bien inestimable. Et il n'y avait personne. J'avais peu chassé, refusant la mort jusqu'à mes soixante-quatre ans. Les plantes comestibles étaient trouvables, rares mais présentes. De petites racines de buisson, ou la nature que répandaient les conifères. Je n'avais pas couru, pour une fois. La marche avait été longue, douce… A genoux devant l'autel, devant Kyria, devant sa statue parfaite, tout doute s'était ôté de moi, j'avais une dette à présent. La dette ne pesait pas lourd sur mes épaules, je l'appréciais. Ma vie était vouée à ma déesse. Ce n'était pas une règle imposée par la Dame de la Nuit, c'était le prix que je paierais avec plaisir pour ma liberté enfin retrouvée. Je n'en voulais pas à ma sœur, elle n'existait plus à mes yeux. Le temps était passé si vite… Bien que l'année eut été longue… Je ne m'en étais d'abord pas rendue compte, mais j'entamais une dix-septième année, 64 ans acquis, 16 ans… La liberté m'étais enfin redonnée, je pouvais voler. J'avais deux semaines durant prié Kyria, je pouvais recommencer à… Vivre. _________________  |
|  | | Lya

Nombre de messages: 32 Date d'inscription: 14/01/2009
 | Sujet: Re: Lya [ Biographie, RP's ] Mer 4 Fév - 22:40 | |
| Chapitre Cinquième "Renaissance" Le Domaine de Kyria En marchant dans les terres de l'Est, regagnant par les glaciers la sublime plaine glacée, je rencontrai un groupe Luris. Je fus presque étonnée de pouvoir m'exprimer à nouveau, mes plus récentes paroles ayant été les prières murmurées à Kyria, d'être aussi civilisée qu'avant, voir plus. Seth, le chef de meute, m'accueillit sans réticences. Mes yeux n'étaient un problème que pour Kyl, le jeunot du groupe. Ils étaient six, Seth, le chef, plus grand, plus loup, amical, viril, à la fourrure brune. Il y avait donc Kyl, qui n'était pas encore majeur, méfiant et irritable à la fourrure rousse. Alh"Aya, la louve, chasseresse accueillante aux pelage grisé, son frère Yan, Luris à la même teinte grisâtre dont le sens de l'humour ne connaissait d'égal dans le groupe. Lidya, femelle qui se mêlait bien à l'esprit de groupe à la fourrure blanche de neige. Le dernier membre du groupe semblait n'avoir rien à faire là, plus petit, plus craintif, lâche, et pourtant attaché à la meute. Fenris. Il s'éloignait quand les luris allumaient un feu, il chassait seul… Mais sa présence hypocrite était… Réconfortante, à vrai dire. Je n'eus pas de mal à me faire accepter, ils appréciaient ma compagnie, j'appréciais la leur. Nous allions rendre hommage aux guerriers morts durant les plus anciens affrontements entre Est et Ouest, et donc parcourir de part en part la lisière et quelques lieux du Domaine de Kyria. Cette époque fut légère, teintée d'humour, dénuée de complications. Même les tendances distantes de Kyl et de Fenris étaient amusantes. Quatre années passèrent, ou une, pour moi. J'atteins rapidement mes 17 ans, nous étions à nouveau à la Lisière, et les Luris me firent cadeau d'un grand Chakram. L'arme la plus resplendissante qu'il me fut donné de voir. Nous étions de passage dans leur village natal, Mar. Là-bas, ils allèrent voir le Grand Chef. J'avais eu 17 ans, et Kyl venait d'atteindre ses 16 ans. Une cérémonie fut organisée, plus pour lui que pour moi. Cela tombait bien, je n'aimais pas les grandes fêtes, surtout quand elles étaient pour moi. Ils firent de nombreux présents au jeune loup, dont un pendentif rayonnant de lumière blanchâtre. Il était dit qu'il appartenait à la famille du jeune homme depuis des générations, et que c'était un fragment lunaire. Rien n'était moins sur, mais Kyl se montra alors d'une sagesse presque effarante. Les présents s'enchaînèrent, resplendissants. La lumière blanche qui émanait du cou de l'homme bête était impressionnante, et il était à présent le centre de l'attention générale. Deux Anciennes de la Tribu hurlaient à la lune les chants cérémonials, les jeunes dansaient, les présents étaient rangés avec désordre sur le côté de la clairière. Un cercle de pierre se dressait au centre, et Kyl s'en approcha sereinement, tenant une torche dans sa patte droite. Il ne s'encombra pas longtemps de l'objet, ne prenant pas le risque de déclencher un incendie par maladresse. La torche alla rejoindre le mont de branches séchées qui se tenaient dans le cercle. Celles-ci s'enflammèrent aussitôt, cédant leur place à un immense bûcher. Un mouvement attira son attention, Fenris s'était rué en arrière, écarquillant les yeux. Un instant, je crus revoir sur ses traits crispés l'image lointaine d'un brun empoisonné, mais je m'aperçut qu'il avait peur. Il fallut une quinzaine de minutes pour que le furen se calme, qu'il accepte de regarder la lueur dansante des flammes. Les farielles commencèrent à affluer, leur curiosité piquée au vif par les festivités. Le ballet aérien des cruelles fées était un réel spectacle de beauté, mais nul ne se laissait aller à la magie envoûtante des petites lumières vivantes. Je gardais mes yeux rivés sur les présents, mélange de trésors de métaux précieux et de simples créations en peaux. C'est alors que je remarquai que la procession d'enfants qui avaient accompagné les donneurs de cadeaux se dirigeait vers moi. Ils tentaient de transporter dans leurs pattes recouvertes de fourrure le lourd paquet de cuir qui m'était destiné. Je me levai, posai mon parchemin. Je les déchargeai du paquet, mais refusai de l'ouvrir. Cependant, ils s'entêtaient à vouloir m'offrir ce présent. Au fond, j'aurais plus rapidement la paix qui me manquait tant si je l'ouvrai maintenant. Je déliai méticuleusement chaque lanière à une vitesse dont les Luris présents étaient incapables… Le premier éclat d'argent apparut entre les pans de cuir brunâtre, étincelant, mais portant quelques traces de vieillesse. Lorsque l'épais paquet tomba à terre, je pus admirer l'arme dans toute sa splendeur… Le chakram était grand, plus ou moins un mètre de diamètre, sa courbe plus lisse que celle de n'importe quelle arme. Les longues pointes qui se dégageaient du cercle parfait aux trois points opposés de l'arme était terminées en un pic acéré, ensuite suivi de deux plus petits émergeant de l'arme. Les fentes dans le métal révélaient les cinq cercles durement liés par l'acier, mêlés à la perfection, alliage de force et de grâce. Je bafouillai des remerciements, mais n'avais d'yeux que pour la superbe arme qui reflétait la lune, en renvoyait la lumière comme un miroir l'aurait fait. Mon âme ne faisait qu'une avec le chakram… C'est alors que je remarquai un deuxième emballage, plus petit. Il comprenait une lettre maladroitement écrite, et une bourse. "Œil de sang, Comme cadeau d'au revoir et d'anniversaire, nous t'offrons cette arme. Elle fut forgée il y a bien longtemps pour servir à la guerre, fut utilisée dans les premiers affrontements entre Est et Ouest, on dit même que des Elus l'ont utilisée. Son origine est inconnue, mais la guerrière Shaar, première sang mêlée entre luris et emerielle, l'a rapportée à notre tribu il y a longtemps. Nous ne savons rien de cet objet, mais il t'appartient désormais. Cet argent est pour l'éleveur, non loin du village, un cerid t'y attend. Que Kyria veille sur toi, Seth." La fête continuait, je le vis m'adresser un clin d'œil… Puis, lorsque la fête entamait sa fin, je disparus. Je ne tenais pas aux adieux, aux larmes. Je me dirigeai vers le gîte de l'éleveur, grande cabane de vieux bois malodorant abritant les bêtes les plus belles qui se puissent voir. Lorsque j'entrais, l'éleveur ne se fit pas prier, il alla chercher la bête offerte. C'était un splendide Cerid aux bois d'argent, et au pelage sombre, veiné de gris sur sa crinière épaisse. Son regard brillait d'intelligence. Il avait été dompté à la perfection, ses pas étaient assurés, dénués de la peur exubérantes des Elans de Kyria normaux. Kyôtsuki, le nom s'imprégna au plus profond de mon être. Je l'avais sentis, sans plus d'explications. Je posai délicatement ma main pâle sur le museau de la bête qui poussa un léger sifflement. Le dédain, mais aussi une certaine satisfaction. Il quittait les lieux, partait enfin, avec une Emerielle qui avait encore tout à apprendre… Chapitre Sixième "Ami ?" La chasse était devenue partie intégrante de moi. Depuis près d'un an Emeriel, j'entretenais d'excellentes relations avec Kyô, et il ne craignait plus de nous voir débarquer dans des clairières peuplées d'un prédateur ou deux… Ils finissaient morts sous ma lame, quoi qu'il arrive. Je récupérai les fourrures des bêtes chassées, les revendais à Blanche-Nuit, où j'avais élu domicile, et vivais de cet argent obtenu sans trop d'encombres. Je fis vite connaissance avec un chasseur de primes, par hasard. Un dénommé Shinzu, qui prenait ses contrats à la ville Emerielle. Nous devînmes amis, et très vite nous décidâmes de nous retirer de la population, faisant plus ample connaissance. Le lien qui se tissa entre nous fut très rapidement établis, il était sûrement l'une des seules personnes qui ne gênait pas mon attitude lunatique, qui ne réagissait pas mal à mes longs silences, qui me supportait, aussi. Cela devint naturel, simple amitié solidement fichée entre les deux êtres, nous nous entendions à merveille. Je connaissais son "travail", pour l'avoir pratiqué longtemps… L'année se termina sur cette amitié nouvelle que Tsuki approuvait. Les premiers mois se passèrent sans événements particuliers, rythmés par les périodes de chasse, et les contrats de Shinzu. A vrai dire, nous ne connaissions pas si bien, et il fallut plusieurs fois résumer nos histoires personnelles pour que l'autre les retienne. C'est lui qui m'inspira l'idée de réécrire ou de rassembler les pages de ma vie pour les relier en un écrit. A vrai dire, c'est Jamden qui m'avait appris à écrire, et m'avait trouvé très douée dans la matière. Depuis, j'avais posé sur le papier bien des événements de ma vie, comme maintenant… J'avais fait le voyage jusqu'à un village réputé pour sa librairie alimentée par Koril, et je n'eus pas de mal à trouver ce que je cherchais, une couverture d'une noirceur poignante, veinée de reflets de bois roux. J'avais économisé toute cette première période de l'année, ces trois premiers mois, ou une année humaine, pour pouvoir acheter le livre idéal. Les gravures argent dessus était parfaites, représentant une simple croissant lunaire, Kyria. Lorsque je regagnai Blanche-Nuit, rien n'avait réellement changé. Les temps passèrent, encore, ennuyeux. Je devenais de plus en plus dure, restant renfermée sur moi-même, ce calme plat gagnant sur moi… Cependant, j'avais trouvé un rythme de vie, et une suite à ma vie de groupe avec Seth et ses confrères. Je ne peux écrire ces lignes de mon existence, ce ne sont que satisfactions d'avoir trouvé un nouveau monde, de simples sentiments. C'est alors que je me souvins du destin de Siassan, et me postais dans les bois avec Shinzu, guettant le moindre portail qui pourrait porter ma sœur ici. _________________  |
|  | | Lya

Nombre de messages: 32 Date d'inscription: 14/01/2009
 | Sujet: Re: Lya [ Biographie, RP's ] Mer 4 Fév - 22:40 | |
| Chapitre Septième " Aux armes… " Les tambours de guerre retentissent, son violent dans le lointain. Nous sommes plusieurs dizaines, voir centaines, de fiers fils et de filles de Kyria rassemblés à différents village. Les morokaïs étaient là, généraux comme soldats, tous au service de Kyria. La Déesse envoyait tout être prêt à mourir pour l'Est au combat, contre Steben. Shinzu n'allait pas prendre part au combat, quoiqu'il ne me sembla pas apte à se battre en mêlée. Je n'eus aucun regret quand une armée immense s'éleva, et que nous prîmes la route de l'Ouest. Il n'y eut presque pas d'escales, les rangs progressaient à travers la forêt, et bien vite nous parvînmes dans les Montagnes du Sud. C'est ici que nous faisons halte, et c'est ici que j'écris. Kyôtsuki va être amené à Athalla par l'un des Fûrens qui ont abandonné le groupe. Avec s'en vont mes affaires inutiles, dont cet écris. Je pars sans doute vers la mort… Je laisse la plume pour les affrontements de l'Ouest. Je pense retrouver Siassan là-bas, du moins je l'espère. Le Général est au courant de leur mission, il dit qu'elles sont en route. C'est étrange, car je n'ai rien aperçu dans les forêts du Domaine qui puisse ressembler à une Emerielle et une Morokaï en route pour tuer le Dieu de l'Ouest… De nombreux mages tentent de m'enseigner les voies du froid et de la mort, mais les sorts puissants qui m'habitent me quitteront à la fin des affrontements, les Morokaïs nous ont offert une capacité d'apprentissage, mais elle s'estompera si ils partent. Le soleil est étrange, nous pouvons le voir à présent. L'ombre qui nous entoure est telle que le soleil n'est qu'une vague sphère dans le ciel, nous sommes les spectres de la nuit, les armes de Kyria… Nous prions dès que l'occasion s'offre à nous… Pourvu que nous survivions… Je ne comprend plus… Nous avons continué de progresser, entre doute et espoir. Tout reposait sur nos capacité une fois là-bas. Nous devions d'urgence apprendre les armes, alors je commençai à utiliser mon poignard comme telle, bien que je ne puisse pas vraiment le manier, le dépeçage était instructif, et je parvenais à porter des coups d'une violence et d'une précision rare, même s'il m'était difficile de les rendre mortels. Ainsi j'étais chargée d'enseigner les armes circulaires aux autres, leur expliquant les rudiments du jet et des courbes. Mon chakram me fut alors extrêmement utile, représentant la parfaite arme de distance, car avec un lancé travaillé, elle revenait en arrière pour que le guerrier la récupère, et qu'au corps à corps il se révélait tranchant et mortel comme jamais. Lorsque nous parvenions aux frontières de l'Ouest, terminant de traverser la chaîne montagneuse, se produisit alors cet étrange événement. Je m'en souviens dans les moindres détails, je m'étais levée pour monter la garde, alors que nous nous reposions… Les généraux Morokaïs effectuaient leur ronde, quand une bourrasque traversa le camp. Ce ne fut rien qu'un léger vent frais, mais les Morokaïs tombèrent aussitôt et silencieusement en poussière. Tout leurs os étaient devenus gris, ainsi que leur chair, ils s'étaient figés avant de s'envoler en petites particulières telles les fleurs du cerisier. Le matin venu, ce fut le début d'une journée de protestation. Chacun pensait à un abandon de la déesse, d'autres à une erreur, certains encore qu'ils s'étaient trop éloignés, ou que le soleil était trop violent. Autant de cris de désespoir que de larmes. La Déesse les avait-elle abandonnés ? Je ne pensais pas, moi et d'autres, évidement. La Déesse ne pouvait nous avoir laissés tombés aussi lâchement, alors que nous étions aux frontières du monde ennemi… Et nous continuâmes. Nous n'étions plus très nombreux, guerriers prêts à mourir pour prouver à Kyria que nous lui serions dévoués jusqu'au plus profond de l'âme… Mais les Morokaïs morts, nous ne bénéficiions plus de nos pouvoirs les plus puissants. La nuit nous enveloppait toujours, car l'un des grands mages nous accompagnait… Mais c'était un funeste destin qui se dessinait devant nous. Nombreux furent les soldats qui continuèrent jusqu'aux premières buttes sableuses, mais nous avancions. Je me souviens du désert, après avoir affronté les félins orangés et les serpents de là-bas, ainsi que d'étranges bêtes semblant humaines, mais dotées d'un pelage brun. Le désert, sable, à l'infini, simple étendue jaune pour un ciel bleu vif. Nous nous gardions de regarder le soleil… Et nous progressions sur le sable ardent. Les mages faisaient pleuvoir le blizzard sur nous, nous préservant de l'air étouffant… Puis le noir, plus rien. Le monde ne me semble alors plus rien, un vague voile noir. Plus de sable, plus de tempêtes jaunâtres, plus de ciel bleuté, plus de désert, plus d'Ouest. Seule, sur la route de la cité Humaine. J'étais là, sans eau ni nourriture, armée, blessée. La blessure était grave, longue plaie parcourant mon torse de la hanche droite à la poitrine. La balafre semblait être la marque d'une lame qui m'aurait entaillé le corps… Je me mis en marche vers Athalla, seul choix qui me restait. Lorsque je parvins aux portes, je ne me demandais même pas si Jamden vivait encore, plus de dix ans s'étaient écoulés. J'étais assoiffée, affamée… Les gardes me laissèrent passer, je n'avais rien. Aux écuries, j'eus le bonheur de constater que l'Emeriel avait bel et bien emmené Kyôtsuki, et après avoir acheté des vivres avec la bourse qui me restait, je prit la route de l'Est. Je pouvais à nouveau chasser, et gardais constamment de l'eau. Je n'irais pas chercher le fleuve, je n'étais pas folle à ce point. Mon voyage se fit sans encombres, et sans événements bien particuliers. Je me questionnais sur l'aventure étrange que j'avais vécu là-bas, puis me demandais ce qu'il en était de ma sœur. Mais les Morokaïs étaient morts, tous. Et cette Miltonia aussi, sûrement. Ma sœur avait ainsi réellement péris… Elle ne pouvait pas s'en être sortie. Lorsque j'entrais dans le domaine de Kyria, je fus surprise. Il n'y avait presque personne… Où étaient les voyageurs errants ? Et je fis face à un Drafen. La bête profita de ma surprise pour s'en prendre à Kyô. J'ai tué ce démon, trop tard cependant… Kyôtsuki gît à présent dans les bras de Kyria, que la Déesse le protège… Je ne pouvais cependant m'apitoyer sur le sort de la bête, bien que j'en eu été profondément émue… Lorsque je rentrai, Shinzu et moi n'abordâmes pas le sujet de la Guerre… J'eus bien du mal à me replonger dans la tranquillité de la vie dans l'Est. D'ailleurs, ce fut plus dur qu'il n'y paraissait. Après avoir connu à nouveau l'aventure, je ne pouvais rester simplement dans une forêt, à chasser sans but précis. Je n'y tins plus, il ma fallait un nouvel objectif. A l'heure qu'il est, nous partons pour Koril. J'ai besoin d'approfondir mes connaissances, de m'initier à la puissance de Kyria, de savoir ce qui est arrivé à Steben, et à ma sœur… Chapitre Huitième La plume se pose avec une petite hésitation dans le poignet… _________________  |
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